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Résumé

« Faire admirer est presque aussi bon qu'admirer. La poésie égyptienne donne de la joie ; elle est à répandre. La partager avec le lecteur moderne est mon but dans ce livre ».

La poésie était dans la façon de vivre de Pierre Gilbert ; il était appelé à la reconnaître et à la relever dans l'Egypte qu'il aimait :
« De temps en temps, le hasard des découvertes a fait surgir un papyrus, un éclat de calcaire ou de  poterie, sur lesquels se lisent quelques vers ou quelques strophes d'un morceau lyrique dont le thème et le traitement indiquent chez leur auteur une recherche poétique raffinée. Ce sont les pièces de cette catégorie que M. Pierre Gilbert a diligemment réunies ; il les a soumises à un examen attentif pour tirer du texte égyptien, tout en bénéficiant des travaux de ses devanciers, une version nouvelle, encadrée de commentaires qui en dégagent la portée littéraire. »
Jean Capart, Préface, p.8.

Le livre fait part à ce qu'il y a d'accent vrai dans les compositions officielles et religieuses, puis réunit  des poèmes où se distingue la personnalité d'un auteur : hymnes au soleil d'Aménophis IV, chants d'amour du Nouvel Empire,  méditations des harpistes sur la fragilité de l' existence, et, partant, la valeur de la vie. Rives du Nil, jardins, terrasses, cours intérieures : comme les joies, les émois, les angoisses des anciens Egyptiens ressemblent aux nôtres !

La publication du livre avait été préparée par des d'articles : «Les chants du harpiste», 1940, et "Le grand poème d'amour du papyrus Chester-Beatty I », 1942.
 «  La poésie égyptienne » eut droit à la reconnaissance des égyptologues et des poètes. Ce premier volume de Pierre Gilbert (la première édition est de 1943), reste, de ses ouvrages, le plus cité. Il reprit lui-même ses traductions dans beaucoup de  publications sur l'Egypte, et les prêta volontiers à d'autres auteurs. (Entre autres, à Samivel dans son beau  « Trésor de l'Egypte », Arthaud, 1954).

Les études en ce domaine ont évolué, mais le choix des pièces présentées, le charme et la limpidité des traductions (« Je voudrais que mes traductions soient des poèmes »), la justesse et l'enthousiasme des commentaires (« Ces poèmes blessés en ont besoin plus que d'autres »), donnent à ce livre heureux une unité  qui le dégage  des marques du temps.